Monsieur Patrick, pour les passionnés d’objets des années 50 à 80

Depuis le 8 septembre 2018,  le centre de Bruxelles a une nouvelle adresse :
Monsieur Patrick, 15 rue des Teinturiers.

Qui est Monsieur Patrick ?

Patrick Ridray, 50 ans, passionné d’architecture qui a une réelle passion pour les intérieurs des années 50 à 80 comme le dit sobrement son enseigne.
Monsieur Patrick a eu plusieurs vies avant d’en arriver à concrétiser son rêve : il a d’abord travaillé dans la publicité, chez PhB à Evere ensuite chez Lielens à Schaerbeek. Après quelques années, il se dirige vers l’édition, chez Dupuis à Charleroi dans un premier temps et enfin, il passe 18 ans à la mise en page au journal Le Soir.
Parallèlement à tout cela, Patrick cultive son amour de l’architecture et des intérieurs en dévorant les  revues spécialisées. Il se prépare en quelques sortes.

Alors comment fait-il Mr Patrick pour trouver ses meubles et ses objets puisqu’il est tout nouveau dans le secteur ?

Le fait est qu’il a toujours chiné pour lui, son œil est aguerri, son goût certain.
À la question est-ce facile de trouver des choses, il me répond qu’il faut se battre et que parfois, c’est compliqué de trouver des pièces intéressantes. Aujourd’hui, avec l’engouement du vintage – mot qu’il n’aime pas particulièrement – il y a des clients qui sont à la recherche de pièces qui étaient en vogue il y a 10 ans. Le challenge c’est de pressentir ce qui sera demandé dans 1 an ou 2. Et c’est cela qui le passionne le plus sans doute…


Patrick fonctionne au coup de cœur. Il ne prend pas une pièce qui ne lui plait pas à lui en premier. Il ne va pas à la recherche comme il dit, il démarre à bord de sa camionnette, il a ses adresses, ses revendeurs,  ses petits coins secrets, et il attend de trouver ce qui fera battre son cœur. Il n’achète pas pour acheter, non, il achète pour transmettre aux autres un objet rare. Une pépite.
Ce n’est pas parce qu’un objet vaut beaucoup d’argent – et donc, va en rapporter – qu’il le choisi. Non, il choisit l’objet qui va provoquer une émotion. Patrick Ridray ne se considère pas comme un antiquaire. Disons plutôt qu’il se voit comme un décorateur-antiquaire et pas un antiquaire-décorateur.

Ses meubles et ses objets ne sont pas tous de marques connues. Il y en a pour tout le monde. Le but premier étant de satisfaire une clientèle la plus large possible, et donc tous les budgets. Que ce soit pour un petit plaisir ou un grand caprice ! Monsieur Patrick me confie qu’il aime l’idée que tout le monde puisse s’offrir de la déco. Et pas forcément celle fabriquée en série, uniforme.
Il me montre un service Boch La Louvière, et m’explique qu’il le vend à la pièce.  Dernièrement il a vendu 3 tasses à une jeune fille et 2 tasses à une dame plus âgée. Elles étaient toutes les deux heureuses d’avoir les tasses qu’elles recherchaient sans pour autant devoir acheter le service entier !
Le but avoué de Monsieur Patrick, c’est  de rentrer chez des clients qui n’auraient pas le temps de chercher ce dont ils ont envie, discuter avec eux de leurs desideratas et ensuite sur bas de ses catalogues et en fonction des budgets alloués, habiller telle ou telle pièce de la maison. Voir la maison en entier, ou pourquoi pas, un commerce!?

Comment se passe les journées boutiques ?

Patrick m’explique qu’il change l’agencement de son magasin tous les jours à l’ouverture.
Tous les jours ?
Bien sûr ! me dit-il amusé
Soit les lampes, soit les fauteuils, Il m’explique que parfois, le fait de bouger  la disposition d’un objet ou d’un petit meuble peut changer la perception que le client en a et peut-être, alors, susciter l’envie.


Chez Monsieur Patrick vous pouvez trouver des meubles, des luminaires, de la vaisselle, des bibelots, mais pas que !
Monsieur Patrick est un des deux revendeurs exclusifs des parfums Oriza L. Legrand à Bruxelles. Maison française créée à Paris en 1720 par Fargeon Aîné et disparue peu avant 1940. Cette maison a connu beaucoup de succès et gagné de nombreuses médailles avant la faillite d’avant-guerre.
En 2006, un travail considérable a été réalisé afin de retrouver les formules et les recettes dans les archives de la ville de Paris, recréer les odeurs et les emballages d’origine et ainsi faire revivre  ces parfums historiques.
La marque a été relancée en 2012 par Franck Belaiche & Hugo Lambert.
Chez Monsieur Patrick, non seulement nous pouvons trouver une sélection de 6 parfums sur les 19 existants, que Patrick qualifie de sélection « hivernale », mais également 3 eaux de Cologne et des savons pour compléter la gamme. Avec un rendez-vous pris à la belle saison pour découvrir de nouvelles notes, plus légères, moins capiteuses.

Monsieur Patrick a-t-il bien été accueilli dans le quartier ?

“Très bien” me dit-il avec un large sourire.
Ce quartier, Patrick Ridray le connait fort bien, son amie Valy y tient une boutique de vêtements  de seconde main, il insiste, il n’aurait pas voulu ouvrir ailleurs de toute façon, ce quartier c’est un village me dit-il. Et niveau  déco, il y avait une niche à prendre. Le quartier est très vivant, c’est un lieu de passage, beaucoup de touristes passent et regardent la vitrine. Il me raconte l’anecdote d’une parisienne qui était triste de ne pas pouvoir acheter un fauteuil qui s’avère impayable à Paris !
Et d’un touriste espagnol qui est reparti avec un petit vase exclusif à offrir. C’est aussi pour cela aussi que Patrick est attentif  aux des petits objets que l’on peut emporter facilement.

Patrick me parle de l’idée d’installer un bar dans sa boutique pour que l’entrée dans le magasin soit encore plus accueillante, il me parle d’une nocturne pour les clients qui travaillent toute  la journée et qui ne peuvent pas venir lors des heures habituelles d’ouverture… vous l’aurez compris, Patrick Ridray déborde d’énergie, d’idées et de projets autour de ses pépites. Et il me raconte une dernière anecdote, une dame entre et s’intéresse à un meuble long, une enfilade de Jos de Mey qui date de 1953 sur lequel trône 2 lampes dessinées par louis Christiaan Kalff pour Phillips Eidhoven en 1955. L’ensemble est dans un état impeccable.
« Je lui explique que le prix affiché est en dessous de sa valeur réelle. Elle me suggère de le mettre en salle de vente ! »
Et puis quoi me dit-il ? Je le vends et j’empoche l’argent ? Où est le plaisir alors ?
« Moi, ce que je veux pour ce meuble, c’est le vendre  à des clients passionnés. Bien sûr, j’accepterai de le vendre mais je serai déçu si la personne qui l’achète le fait sans conviction ou pour le revendre. Surtout une belle pièce comme celle-là …»
Tu sais me dit-il encore, ma voisine qui vend des chapeaux, et bien elle vend aussi avec cet état d’esprit là.
Après le mieux, c’est d’en vivre décemment évidemment, mais avec la passion, c’est quand même mieux
Valy, la boutique à côté, si la robe que tu essayes ne te va pas, elle va te le dire. Elle ne te laisse pas sortir de sa boutique avec un vêtement qui ne te sied pas !
C’est ce qu’il manque dans beaucoup de commerces je trouve : la passion. La plupart sont dans la vente pure : il faut vendre, vendre, vendre !
A la question « tout ce que je vois est-il à vendre ? », Patrick me répond « presque tout ». Pas les disques qui sont là ce jour-là, ceux-là sont là parce qu’il les écoute sur un tourne disque installé au fond de la boutique. Mais une sélection disques vinyles (de sa propre collection qui en compte plusieurs milliers) sont en vente aussi. Là il m’explique que le 17 octobre dernier, il a mixé à l’AB avant le concert de Susheela Raman (N.D.L.R. : l’Ancienne Belgique, boulevard Anspach à Bruxelles), parce que me dit-il c’est une autre de ses passions !

Pourquoi ne pas avoir été disquaire alors ?

Parce que me répond-il, ce qui l’anime, c’est le mélange de toutes ses passions. Ce magasin est en quelque sorte, le catalyseur de tous ce qui l’anime. Tout y est concentré. La seule chose qu’il ne vendra pas, ce sont les vêtements : son amie et voisine le fait très bien. Tout juste accepte-t-il l’idée d’un mannequin habillé par elle comme elle a dans sa boutique un parfum vendu chez lui.

Le mieux dans tout cela, c’est de vous rendre à cette nouvelle adresse, de prendre le temps de tout regarder, de vous installer dans ses fauteuils et pourquoi pas de feuilleter un livre ou de discuter avec Monsieur Patrick en attendant de vous décider, et qui sait, peut-être trouver le cadeau original à offrir.

À l’approche des fêtes et de la saison des cadeaux, prendre le risque de trouver l’objet rare est à notre portée. Le plus de la boutique imaginé par Patrick Ridray, ce ne sont pas des alignements d’objets ou de meubles, non, passé la porte, nous nous retrouvons dans une capsule temporelle où  les meubles sont agencés comme dans une vraie maison. Nous nous rendons très bien compte de ce que cela « pourrait donner chez soi » !
Vous l’aurez compris, chez dKLIKK, nous aimons beaucoup ce que Monsieur Patrick propose.


Monsieur Patrick
Rue des Teinturiers 15, 1000 Bruxelles
Me > Di : 12 :00 – 18 :00
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Ramon & Valy Vintage Shop
Rue  des Teinturiers 19, 1000 Bruxelles
Lu > Sa : 11 :00 – 19 :00